POMME TOUTE

 

ou mine de rien !

 

Le basculeur a invité somme toute dans le cadre de l ‘évènement Paysage/paysages #4.

 

 

Où est le paysage ? Le basculeur est-il un lieu paysage, dit lieu d’art contemporain, un lieu du paysage de l’art contemporain, espace ressource où de questionnements multiples, divers, comme un îlot de culture au milieu des champs cultivés, un petit mont dans ce paysage de plaine agricole et de montagnes, au loin, couronnées d’éoliennes et de neiges qui ne sont plus éternelles. Une espèce de paysage idéalisé et polymorphe ?

 

Pomme toute, c’est un ensemble d’histoires où les paysages qui forment le cœur des choses sont en substrat dans la chair même de ce que vous pouvez rencontrer ici.

Cette exposition est un laboratoire de création en cours, achevé et inachevé un atelier qui va s’activer encore avec vous par votre présence, dans l’incertitude des objets qui le composent, et vous-même en phase de participation à son élaboration finale. 

Une suite d’histoires que je vais vous raconter…

 

C’était une histoire de vent pour commencer, quelque chose de l’ici commun, le vent ! Pierre Olivier Dosquet, a construit un cerf-volant. L’objectif, c’est la vue depuis le ciel, une caméra embarquée et l’on se projette dans l’espace soutenu par la force du vent, pour voir ce que l’on voit. Mais il faut faire avec l’aléatoire de la météorologie, le vent s’apaise, le cerf-volant dort, comme un objet un outil d’imaginaire qui réveille notre mémoire, une blague face aux incertitudes du temps. Reste sans doute d’aller regarder et retransmettre ce qu’il se passe pendant un festival de cerfs-volant “Cerandole“. Raconter l’histoire des situations cocasses. et improbables.

 

Amélie Sounalet nous parle de bien-être, de care. Voici cet espace sculpture que nous avons créé face au basculeur qui devient un sauna. La matière de l’étroitesse du lieu a été chauffée par la canicule, invitant à se projeter dans un réflexe de sauvegarde vers un lieu de bien-être dans cette mise en scène du sauna. Une vidéo nous révèle qu’après douze heures de travail ce jeudi, Amélie, effectue “la remise en beauté après 12 heures de travail“ selon les prescriptions de Rika Zaraï.

Par ailleurs, elle a dessiné un objet triptyque des soins du corps, composite de trois objets mécaniques dans le registre de la féminité soignante, un simulateur clitoridien, un aspire comédons, et un thermomètre électronique …

 

Dans le paysage du basculeur au-dessus de la plaine de la Valloire, des éoliennes scandent le temps et signent le vent. Dès que la nuit tombe, la lumière rouge de leur signalisation clignote, rythmiquement, créant sur la ligne d’horizon de la nuit une musique visuelle presque aléatoire. Antoine Beaucourt a imaginé retrouver à partir d’une installation sur le basculeur, un écho à ce lointain. Mettre au point un programme informatique capable de restituer entre lumière et son ce parallèle du paysage de nuit. Mais échec. Cependant pour Antoine tout est dans l’infra-mince, ces gestes d’installer les lumières des lampes, gestes d’un régisseur, pour  concrétiser une ambiance, retransmettre à travers un dispositif de store des instants filmés de l’ensemble du collectif au travail, comme quelqu’un qui pratiquerait “la perruque“, ou nous faire entendre le son d’un auto-radio dans un véhicule fermé. Une sorte d’action flottante de l’art toujours à la limite de la matérialité ordinaire du quotidien.

 

 

Clélia Barthelon, est originaire d’un lieu de l’Isère pas très éloigné de Revel-Tourdan. Un lieu d’enfance qui comme tel est chargé de souvenirs, heureux et sans doute malheureux. Il demeure dans le paysage mixte de souvenirs et d’espaces précis  auquel on  pourrait certainement assigner des formes précises, une branche, un ciel, des feuilles, une balançoire, la balançoire de son enfance. Ailleurs et à d’autres moments le temps de la cueillette des champignons, les voici sur le chemin, en terre crue, qui comme les souvenirs se dissolvent  pour n’être plus qu’une matière volatile des sentiments d’être.

 

Valentine Traverse invente son monde dans les formes plus classiques de l’art, mais avec des moyens presque pauvres, (pauvres en matériaux) ou simples, sommaires : papiers aboutés pour former un dessin en germination, maquette. Maquette du grand tout de l’espace, ici et ailleurs, le dedans et le dehors et les éoliennes des collines. Elle utilise des moyens rudimentaires glanés sur le terrain, pour nous traduire l’universel dans une écriture presque primitive, enfantine, apte à nous entrainer dans ce jeu sur l’invisible, tous ces liens, tous ces raccords, toutes ces petites choses qui deviennent une géographie. Une vidéo éclaire une fiction de maquillage auprès d’une éolienne, qui nous renvoie à un film de science fiction de série B des années 80. Au sol, dans une matière organique elle aussi comme un paysage, où la texture froissée d’un linceul, l’ambiguïté d’un corps au galet visage, peut-être la lune, un plus pour relier l’espace cosmique. Mais rien n’est sûr, les formes peuvent changer, ici la matière du de la toile suspendue, là-bas le galet visage posé sur la terre du jardin ?

 

 

Marie Muzerelle utilise la matérialité de l’immatériel, le langage pour explorer la question des réseaux sociaux, le “social network“ et plus précisément elle se penche sur le regard des artistes sur ces réseaux, entre autre Instagram. Leur demandant de décrire d’une manière fine et extensible les images à travers des posdcasts. Ce moment de laboratoire sera l’occasion d’une réflexion à travers des textes en libre lecture posés sur une table, le commencement d’un blog à venir et ce temps d’exposition est aussi un temps prolongé de questionnement qui pour Marie se poursuit et se partage en direct, dialogue avec les visiteurs, écriture. C’est tout cet environnement de l’art qui circule en méga énergie, le cloud qui est une présence/absence qui constitue le fond actuel de la présence de l’art.

 

 

Hier il y avait le soleil, un soleil ardent, et quoi de plus adapté qu’un bob pour aller voir le grand paysage qui se développe face au basculeur. Marguerite Soulier nous propose de porter un de ses chapeaux, pour faire couleur et peinture dans le paysage, marquer la touche mouvante des têtes en train de devenir le pinceau de ces couleurs pointillistes. Durant tout ce temps de résidence elle a fabriqué ces chapeaux bob, comme un temps d’atelier de confection et de couture, avec les mêmes objectifs de production d’objets d’habillement. Le spectateur, acteur de ces chapeaux peut aussi découvrir l’envers des objets en retournant son bob, pour y découvrir un bout de poème brodé sur son envers, le faire entrer dans la dimension poétique et fragile des objets que nous utilisons et qui nous ramènent sous le ciel et la complexité du monde et de la vie. Quoi de plus utile que  ces instants d’art glissés mine de rien dans le dessous de l’ordinaire.

 

Marc Chopy, 29 août 2020.

***

Nous sommes arrivés.e.s au basculeur jeudi 20 août 2020. Le vent soufflait, nous étions content.e.s parce que nous avions eu chaud dans la voiture. Mais depuis le vent ne souffle plus autant  :( et il ne fait plus si chaud, l’été se termine alors ? ... Pas encore parce qu’il fait plutôt chaud, mais peut-être est-il déjà derrière nous si on regarde les feuilles des arbres, ça ressemble à l’automne

les serres sont peut-être le dernier endroit ou l’on transpire ...

 

somme toute est une association de 18 personnes basée à Clermont-Ferrand, regroupant des artistes mais pas que. somme toute nous semble en réalité difficile à définir. Nous nous sommes fédéré.e.s, poussé.e.s par la nécessité de partager des moyens économiques et techniques, mais aussi par envie d’inventer le cadre qui nous permettrait de réfléchir et de créer ensemble. Nous n’avons pas le sentiment d’être lié.e.s par un propos ou une vision de l’art commune, mais plutôt par la conviction qu’il est important de soutenir le travail de chacun et de les faire co-exister.

somme toute est à la fois un espace dans lequel on travaille, on se réunit, on invite des gens, on organise des évènements et l’association qui nous permet de soutenir le travail d’artistes, membres et invités, par des résidences de création ou en montrant leur travail lors d’expositions, de concerts, de lectures. Nous expérimentons nos façons de travailler et de créer des moments, hors des musées, des murs blancs...

 

Parfois somme toute est aussi un collectif qui émet des propositions plastiques. 

Nous cherchons à formuler des questions qui serviront de points de départ pour expérimenter différentes façons de travailler et différents outils : la sculpture, le dessin, la couture, l’écriture, la vidéo, une collection de bobs à porter, l’installation, le son, de la traduction, l’histoire de l’art, l’observation du vent, réparer des balançoires cassées, les sciences humaines, cueillir des champignons, notre curiosité, notre sensibilité. Nous cherchons aussi à nous adresser à l’autre : entre nous au sein de somme toute, mais aussi à l’extérieur, à vous par exemple. En bref, on essaie de voir ce que l’on peut faire et on apprend beaucoup de choses en faisant. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons été invités à travailler ici.

 

Pendant une dizaine de jours, 7 d’entre nous avons produit des choses individuellement mais pas que. Il s’agissait également de se saisir des moments passés ensemble pour parler de ce qui était en train de se faire. Les préoccupations de chacun apparaissent et alimentent les discussions du groupe. Les membres de somme toute, les membres du basculeur qui les ont invités, les éventuels organismes qui subventionnent et les spectateurs ont tous plus ou moins un horizon d’attente sur ce qui devrait advenir, ce à quoi ce genre de moment devrait ressembler, et c’est aussi à partir de ça que nous travaillons. Apparaissent alors parfois de nouvelles possibilités de formes. Un tique de langage que certain.e.s d’entre nous ont, pour exprimer leur adhésion à une idée, est : «ce serait vachement rigolo».

 

Certains ont déplacé leur pratique, d’autres ont cherché à la faire cohabiter avec les modalités de la résidence, d’autres encore ont profité d’un temps de recherche intense. Mais pour chacun, des enjeux formels sont apparus à l’idée de présenter des choses qui sont pensées, travaillées ou concrétisées dans des temps courts. L’outil que vous avez entre les mains est sensé être un lien entre toutes ces choses.

 

 

 

 

somme toute, 27-29 août 2020

Pomme toute

Exposition de somme toute

 association d’artistes

dont

Clélia Barthelon

Antoine Beaucourt

Pierre-Olivier Dosquet 

Marie Muzerelle 

Marguerite Soulier

Amélie Sounalet

Valentine Traverse

du 29 août au 30 août 2020

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