Habiter

Exposition & parution du journal Rocking-Chair #3

Ingrid Eberspächer

Constantin Jopeck

Louise Porte & Leslie Pranal

Marie L’Hours & Tom Castinel

Dominique Sampiero

du 5 septembre au 4 octobre 2020

Habiter, c'est une exposition pour un journal, un journal pour une exposition. Chaque artiste y occupe une double page, le journal devient un forme plastique, un support particulier où l’espace d’exposition vient s'y refléter.  

***

Ingrid Eberspecher est une artiste plasticienne allemande née en 1956. Papiers découpés de grands formats, peinture à l’huile, dessins, livre d’artiste, elle travaille depuis une vingtaine d’années, sur des supports variés. Elle crée aussi des « pellicules papier* » (*Filmband), grandes bandes narratives dessinées et peintes, enroulées dans une boîte en bois. Elle est représentée par la Galerie Schamretta de Francfort. Au cours des dix dernières années, elle a présenté ses pièces dans plusieurs expositions, parmi elles, en 2016, à Darmstadt dans le Hesse (Regionalgalerie Südhessen im Regierungspräsidium) et à Nördlingen en Bavière (Kunstverein, « dazwischen ») et en 2017 à Crailsheim dans le Bade-Wurtemberg (Stadtmuseum im Spital, Crailsheimer Kunstfreunde).

[à propos de ses pièces : Boîte à pellicule I et II et Qui est-ce qui dispose de la mémoire]

« J’ai créé ces pellicules de papier longues de plusieurs mètres, enroulées dans des boîtes en bois, que le spectateur va dérouler afin de regarder à loisir la séquence de dessins présentée et ainsi s’en approprier les différents aspects. 

Ainsi qu’un grand dessin à l’encre de Chine peint l’an dernier qui thématise le sujet de la mémoire des lieux, maisons et appartements que j’ai habités au cours de ma vie. Certains éléments de ce tableau sont repris dans les Filmbänder. »

Cette forme de Filmband comme un espace à habiter virtuellement et une pratique propre au cinéma lui a permis d’explorer par la peinture des séquences filmiques. Dans celles-ci se mêlent des souvenirs de lieux de vie, des sentiments des choses ordinaires, au gré de l’invention picturale et du déroulement de la plasticité de sa réalisation.

 

Constantin Jopeck est né à Paris en 1991 et diplômé des Universités de Rome, Bologne, Strasbourg et Nanterre,

Constantin Jopeck est actuellement artiste-chercheur auprès de la Coopérative de Recherche de

L’Ecole Supérieure d’Art Clermont Métropole. Sa pratique est aussi bien marquée par son intérêt

et ses études autour de l’image fixe et en mouvement, que par ses déplacements, son parcours

européen, et les liens qu’il a tissé lors de ses voyages d’étude et de travail. Constantin Jopeck

articule travail de image et relation à l’espace et dresse des cartographies fictionnelles des

espaces humains.

[à propos de ses pièces : Une double falaise, à pic et sans coupure.]

« Inspiré par la description du paysage de la société anthropophage des Lestrygons (Odyssée, Chant X), par le littoral normand qui a vu le retour d’exil de Louise Michel en 1880 et par ses propres souvenirs des falaises de Dieppe, Constantin Jopeck mélange paysage réel et paysage imaginaire et dispose dans l’espace du basculeur l’archéologie fictive et intime de ce territoire friable et éphémère. Les falaises volantes disposées à l’entrée du basculeur laissent à l’intérieur un sillon de craie où les couches du temps se côtoient.»

Louise Porte et Leslie Pranal sont diplômées de l’École Supérieure d’Art de Clermont Métropole, à Clermont-Ferrand. Elles vivent et travaillent entre Paris et Marseille. Étant chacune à la frontière entre les arts visuels et les arts scéniques, elles écrivent en 2017 la performance Cours de danse pour boîte de nuit ou comment danser en discothèque suite à une résidence à Boom’ Structur et à Les Ateliers où elles feront leur première représentation, puis en octobre 2018 sur une invitation de Sophie Lapalu et In Extenso, centre d’art contemporain. Pour cette édition au basculeur, elles créent une nouvelle collaboration intitulée Brouillard embrouillé ou Deux blue’s et l’ennui sportif.

[à propos de leur pièce : 

Brouillard embrouillé ou Deux blue’s et l’ennui sportif.] 

« Faire de l’ennui son propre sport.

Et si l’espace d’absence d’action devenait un véritable parcours gorgé de sueur ?

Deux gymnophistes vont tenter l’expérience en milieu « naturel »,

en exerçant une balade : à la montagne.

Elles vont tenter de gravir, de se dépasser,

d’aller plus haut que leur propre esprit,

pour au moins passer la barre du moral à zéro, à zéro virgule un. 

Brouillard embrouillé est un paysage activé par une performance, une installation habitée par deux personnages. Deux blue’s. À la recherche d’un bien-être ou d’une échappatoire, par le biais d’un yoga chorégraphié, nous sommes plongé.es dans leurs pensées. Essayer de vivre l’instant présent tout en étant absorbé.es par autre chose. Sommes-nous là où nous souhaitons vraiment être, pourquoi, le pourquoi du pourquoi du comment ? Nous retrouvons ici la notion de temporalité et de scénographie. Comme une scène activée et suspendue, comme si un nouveau départ pouvait surgir d’un instant à l’autre. C’est un cadre hors cadre, un contexte dé-contextualisé. Ne sachant plus vraiment où nous nous trouvons, face à un espace extérieur dans un intérieur, ou inversement. Que laisse alors la présence d’un corps. Deux corps seuls. Deux corps et un sac à dos laissé à ciel ouvert. » 

Marie L'hours

1988

Marie est gémeaux ascendant diabolo

Elle est artiste, médiatrice et actrice

Son slogan Des Vitamines et Du Bonheur 

 

Tom Castinel

1984

Tom est balance ascendant décadence

Il est artiste, régisseur et bricoleur

Son slogan Méga Bise - Méga Bass

[à propos de leur pièce : CAMOMILLE ET PH NEUTRE.]

« CAMOMILLE ET PH NEUTRE EST UNE FABLE AUX CONFLUENCES

CAMOMILLE ET PH NEUTRE EST UN SUBTERFUGE NATUREL

CAMOMILLE ET PH NEUTRE EST UN ROCHER EN FORME DE NEZ

PROBABLEMENT ÉVASIF, SANS PAREIL

CAMOMILLE ET PH NEUTRE EST UNE PAUSE SOURDE

CAMOMILLE ET PH NEUTRE EST UN DUEL SALUTAIRE

CAMOMILLE ET PH NEUTRE EST UN FLAMANT ROSE

SENTIMENTAL, DANS LA MESURE DU POSSIBLE » 

Dominique Sampiero

Poète, romancier, scénariste, auteur de théâtre et de livres jeunesse, Dominique Sampiero se consacre depuis les années 90 à une recherche d’oeuvres sur papier sous le principe de « Texturation ». À travers les éditions « Ici nulle-part » et à partir d’un ensemble de ses textes inédits, il a créé une collection de livres d’artistes qui compte aujourd’hui plus de vingt-cinq titres avec des plasticiens comme Claude Viallat, Germain Roesz, Joël Leick, Gérard Serée… Son travail est présenté dans les médiathèques de Lille, Douai, Valenciennes et à la galerie l’espace du dedans à Lille.

[à propos de sa pièce : Ecriture calligraphiée avec pipette à bout rond.]

« Je ne cherche aucun effet avec cet outil juste la lisibilité. La difficulté se vit dans la résistance de l’outil, la lutte pour arriver à former des phrases décodables. La pipette est difficile à contrôler dans le coulé de l’encre, les trop-pleins ou les manques. Le geste s’exprime alors comme une régression de l’acte d’écrire. Comme si je retrouvais la fébrilité et la naïveté de mes premières lettres copiées entre la plume et l’encrier sur mon cahier du jour. Traçant aujourd’hui selon le principe de texturation des phrases poétiques qui doivent remplir le format et buter sur le bord gauche et le bord droit de chaque page, je revis le plaisir des premiers mots sous contrainte que l’on me demandait de caler au cours préparatoire, entre des interlignes, sans jamais déborder dans la marge rouge, à droite, réservée aux corrections nobles du maître. Il y a quelque chose d’archaïque et de singulier dans cette tentative d’être lisible et de communiquer avec les autres pour faire passer une émotion ou une image poétique. L’écriture est toujours une lutte avec la forme et d’autre fois avec le sens, parfois les deux. La vitalité graphique qui se dégage après séchage de ces textes calligraphiés avec pipette et à l’encre rouge et noire naît d’un vrai combat pour rester lisible non d’une recherche esthétique. L’intention reste sincère dans le faire. C’est une métaphore juste de cette résistance entre l’acte de vivre et d’écrire de la poésie, comme si les deux réalités pouvaient se tendre, se superposer. »

crédit images de la page : Constantin Jopeck.

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